chère culpabilité…

La culpabilité. Nom féminin : Sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire. Je ne me souviens pas à quand remonte la première fois que j’ai ressenti de la cupablité mais ce dont je suis certaine c’est que depuis que je suis devenue mère il y a 5 ans, j’ai affaire à elle quasi-quotidiennement.

Elle est là quand…

j’annonce que je suis enceinte pour la troisième fois. En 3 ans. Et que donc je vais de nouveau m’absenter (« mais ne vous inquiétez pas, je ne prendrai pas mon congé mat en entier… »).

je suis trop fatiguée pour lire une cinquième histoire du soir à mes enfants après une journée de boulot et que je rêve juste de m’effondrer sur mon canapé avec un verre de rouge. Et que donc je finis toujours par en lire une sixième voire une septième.

je décide d’arrêter l’allaitement de mon aîné et qu’ensuite je pleure pendant des semaines à chaque fois que l’on me pose la question « tu le nourris » ? Non, non je le laisse mourir de faim.

je me prends une pause déjeuner de 2 heures pour aller faire mon sport.

j’annule mon cours de sport à la dernière minute pour aller me faire un plat de pâtes avec mes associés.

je réalise la veille de la rentrée que je n’ai pas rempli le cahier de liaison des enfants alors que la maîtresse avait donné des activités à faire pendant les vacances. #badmom

je n’ai pas assez de jours à poser pour prendre des vacances toutes les 6 semaines et faire de la pâte à sel à gogo.

je suis la seule à être mise en avant alors que la réussite de Joliebox/Birchbox c’est avant tout une affaire d’équipe.

j’oublie de faire le gâteau que j’avais pourtant promis à l’association de parents d’élèves pour la fête de l’école. (heureusement qu’il y a une boulangerie en face !).

je discute avec ma cousine qui a accouché en même temps que moi et qui m’annonce qu’elle vient de prendre un congé parental pour profiter de ses enfants car « ça passe trop vite ». #grossanglots

j’ai du mal à évincer complètement le gluten, les produits laitiers et l’alcool de mon alimentation alors que la nutritionniste m’a dit que c’était peut-être la raison de ma fichue rosacée.

je pars la première du bureau tous les soirs pour aller attraper mon train.

je suis trop contente de me faire un petit room service/masque/émission débile à l’hôtel mais que je déteste rater le coucher de mes enfants.

je m’ennuie au square au bout de 10 minutes alors que j’attends toute la semaine de pouvoir les y emmener.

je ne sais pas quoi répondre à mon aîné qui me dit que son copain « a de la chance de ne jamais manger à la cantine car sa maman lui fait à manger tous les jours ».

je suis contente de retourner au bureau après les vacances car il faut bien le dire s’occuper de 3 enfants c’est 10000 fois plus fatiguant que d’aller bosser.

je refuse systématiquement tous les évènements presse le soir au risque de passer pour une snob car je n’ai qu’une envie : rentrer voir ma petite famille !

Bref, chère culpabilité je te connais bien mais en relisant ce post je me dis que finalement je suis la seule à m’imposer ta présence et que je vais essayer de te laisser dans un coin plus souvent car ne m’en veux pas mais la vie est plus simple sans toi !

Photo Anne Lemaître pour mon livre Une question d’équilibre